Peuple Noke Koi : une rencontre exceptionnelle autour de la culture amazonienne

Peuple Noke Koi : une rencontre exceptionnelle autour de la culture amazonienne

Nadine Hamoudi

Par Nadine Hamoudi,
psychothérapeute, présidente de l’Espace Le Chemin Vert

Samedi 9 mai 2026, l’Espace Le Chemin Vert a eu le privilège daccueillir deux représentants du peuple Nokekoi, peuple originel de l’Amazonie brésilienne, pour une rencontre autour des traditions, des chants et des enjeux de leur communauté.

Pour la première fois en France, Yaka et Akko – personnalités très importantes dans leur communauté comprenant 17 villages – ont entamé un périple de deux mois sur notre sol, sous l’égide de l’association Unity Satanawa et ses cofondateurs, Alessia et Julien. Ce voyage a pour ambition de tisser des liens en France et de soutenir le développement de leur communauté.

Depuis le partage des terres instauré au Brésil en 1988, les peuples autochtones ont été progressivement écartés de leurs territoires ancestraux. Une avancée significative a eu lieu en 2016, après une prise de conscience du gouvernement, avec la restitution de 13 % de leurs terres et le début d’initiatives en faveur des énergies vertes et de la valorisation et de la protection des peuples autochtones.

Malgré cela, les défis restent considérables : ces peuples ne sont toujours pas propriétaires de leurs terres et le combat s’avère compliqué : racisme, forêt coupées par la route, enfants et animaux tués par le trafic, pièges meurtriers pour les animaux autant que pour la population, implantation de lignes électriques obligeant le déracinement des arbres sacrés, dont le samauma. Cet arbre gigantesque qui s’élève à plus de 80 m de haut et plonge ses racines jusqu’à 450 m sous le sol dans les nappes phréatiques, est considéré comme un véritable « Arbre de vie » (comme celui que l’on voit dans le film Avatar).

Pour autant, la culture Noke Koi demeure profondément vivante. Langue, chants, maquillages, bijoux et artisanat traduisent un univers symbolique riche, où les rites initiatiques s’expriment notamment par l’interprétation des rêves et les chants, véritables célébrations de la vie.

Les projets initiés par l’association Unity Satanawa, en concertation étroite avec les peuples autochtones, visent à recueillir des fonds pour :

  • développer l’autonomie alimentaire, notamment par la création d’une pisciculture (le poisson est la base essentielle de la nourriture, avec le manioc) ;
  • équiper le Pagé Riqé, figure majeure de la communauté et grand guérisseur, d’un appareillage auditif. En effet, atteint d’une surdité profonde, il rencontre des difficultés dans l’exercice de ses fonctions, alors même qu’il est le seul habilité à accoucher les femmes. Cette situation fragilise directement l’organisation de la vie de la communauté Noke Koi ;
  • reboiser la forêt amazonienne. À ce jour, une quarantaine de petits samaumas ont déjà été replantés.

La journée du 9 mai a été rythmée par des chants, des danses et une initiation à la symbolique sacrée. Le lendemain, les participants ont vécu une journée dense dans le massif de la Sainte-Beaume : face à la grotte de Marie Madeleine, haut lieu énergétique sacré au cœur de la Provence, ils se sont laissés porter par des chants de guérison vibrants proposés par Yaka, Akko, Julien et Alessia et, pour certains, reçu une initiation à la médecine ancestrale du rapé.

Cette rencontre a profondément marqué les participants, nourrissant échanges, émotions et réflexions, et laisse entrevoir la promesse de futurs moments tout aussi riches.

Dessins avec les deux représentants du peuple Noke Koi d’Amazonie
Dessins avec les deux représentants du peuple Noke Koi d’Amazonie