Et si la confiance en soi se cultivait pas à pas ?

Et si la confiance en soi se cultivait pas à pas ?

Odile Giraud

Par Odile Giraud, coach professionnelle et psychopraticienne analytique

« Je veux retrouver confiance en moi » : c’est l’une des phrases les plus fréquentes que j’entends lors d’un premier entretien, que ce soit en thérapie ou en coaching. Comme si la confiance en soi était un objet perdu qu’on pourrait simplement retrouver, un peu comme un trousseau de clés égaré. En réalité, la confiance en soi ne se retrouve pas, elle se construit, elle se révèle, elle se cultive.

La confiance en soi, ce n’est pas être sûr de tout, ni briller en permanence. C’est croire en ses capacités, en sa valeur et en sa résilience. C’est se dire : « Je ne sais peut-être pas encore comment faire, mais je saurai y arriver ». Elle est au cœur de notre épanouissement, que ce soit dans notre vie personnelle, sociale ou professionnelle. Sans elle, difficile d’oser, d’avancer, de poser ses limites ou de saisir une opportunité.

Dans ma pratique, je rencontre souvent des personnes compétentes, appréciées, investies… mais bridées par une petite voix intérieure : « Tu crois vraiment que tu peux ? » Cette voix vient d’un récit intérieur souvent hérité de l’enfance, de l’éducation, des expériences passées. Elle réduit notre histoire à une version limitée de nous-mêmes.

C’est ici que la thérapie narrative prend tout son sens. Elle propose un regard nouveau, un récit de soi alternatif, et prend comme postulat que, certes, nous avons des problèmes, mais que nous ne sommes pas nos problèmes. 

Une pratique puissante : la thérapie narrative

Le praticien narratif adopte une posture de curiosité bienveillante, considérant la personne comme l’experte de sa propre vie. Plutôt que de diagnostiquer ou d’interpréter, il pose des questions puissantes qui invitent à explorer des récits alternatifs et à redécouvrir les ressources souvent oubliées. Cette approche permet de se reconnecter à ses valeurs, ses compétences et ses engagements. 

Par ses questions, et avec parfois l’utilisation d’outils métaphoriques, le praticien de se remémorer des instants où l’on a fait preuve de confiance en soi, en faisant le récit d’une réussite et de la fierté alors ressentie.

Pour aller plus loin et ancrer plus profondément ce nouveau regard posé sur soi, il invite à nommer des personnes ressources, celles et ceux qui ont posé un regard de confiance, aimant, amical et bienveillant… un regard qui donne de l’espoir.

Et quand le manque de confiance puise ses racines plus loin ?

Parfois, le manque de confiance en soi ne vient pas simplement d’un moment de doute ou d’un contexte professionnel difficile. Il s’enracine dans une histoire plus ancienne, plus profonde. Dans ces cas-là, l’accompagnement psychanalytique peut être une voie précieuse. Il permet de mettre en lumière les liens inconscients entre notre histoire personnelle, nos premières expériences relationnelles et notre rapport à nous-même.

Pourquoi cette peur de ne pas être à la hauteur revient-elle systématiquement ? Pourquoi ce besoin de prouver ou, au contraire, cette tendance à se faire oublier ? La psychanalyse, dans sa dimension contemporaine, permet de décoder ces mécanismes, souvent à l’origine d’une estime de soi fragilisée.

Ce travail ne s’oppose pas à une approche plus orientée vers les solutions comme le coaching : il la complète. Comprendre d’où viennent nos freins, c’est aussi se donner la liberté de les dépasser autrement. Pour certain(e)s, c’est un passage nécessaire pour bâtir une confiance en soi plus stable, plus enracinée, et non seulement circonstancielle.

Vers une confiance révélée

Contrairement à certaines promesses toutes faites, ni le coaching ni la thérapie ne « donnent » la confiance en soi. Ce sont des processus d’accompagnement qui permettent de la révéler, de la renforcer.

La confiance en soi n’est pas un état figé. Elle évolue, vacille parfois, puis se renforce à nouveau. Elle se vit au quotidien, dans les petites décisions comme dans les grandes. Ce n’est pas l’absence de peur, mais la capacité à avancer avec elle.


Deux conseils pour (re)construire sa confiance

  • Changez la question. Remplacez « Pourquoi je manque de confiance en moi ? » par : « Dans quelles situations ai-je déjà fait preuve de courage, de persévérance ou de créativité ? ». Vous verrez que les preuves sont là, mais souvent oubliées ou minimisées.
  • Ancrez vos réussites. Notez chaque jour une action, même minime, dont vous pouvez être fier(ère). Ces petits actes répétés nourrissent le sentiment de compétence et redonnent confiance au fil du temps.

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